Vaccination des sujets immunodéprimés

Les sujets immunodéprimés ont un risque augmenté de contracter tout type d’infection, y compris suite à une vaccination.

C’est pour cette raison que les vaccins vivants atténués (bactériens ou viraux) tel que le BCG (contre la tuberculose), les vaccins contre la Rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), contre la varicelle et la fièvre jaune, sont formellement contre-indiqués en présence d’une immunodépression. En effet, malgré l’atténuation de la virulence des bactéries ou des virus vaccinaux, ils sont à risque de transmission de « maladie vaccinale ».

En revanche, les vaccins non vivants, inactivés ou inertes (viraux ou bactériens), ne présentent aucun danger de transmission de maladie vaccinale chez un sujet immunodéprimé.

De manière générale, il est recommandé de mettre à jour les vaccinations avant de commencer tout traitement immunosuppresseur.

De plus, comme les capacités du système immunitaire sont diminuées, l’efficacité de la vaccination est parfois insuffisante et il est parfois nécessaire de renforcer le schéma vaccinal afin d’obtenir une protection efficace contre les infections.

Enfin, la vaccination étant du domaine de la santé collective, il est important de rappeler que les vaccinations de l’entourage du patient (enfant ou adulte) et du personnel soignant doivent être correctement effectuées afin de participer à la protection de la personne immunodéprimée.

Le tableau ci-dessous résume les différents vaccins contre-indiqués et recommandés (en plus des vaccinations du calendrier vaccinal) dans plusieurs contextes d’immunosuppression :
  Vaccins contre-indiqués Vaccins recommandés
Chimiothérapie anticancéreuse en cours et 6 mois après Vaccins vivants grippe saisonnière

pneumocoque

Période d’attente d’une transplantation d’organe solide  BCG grippe saisonnière

hépatite A

hépatite B

pneumocoque

rougeole, oreillons, rubéole

varicelle

Transplantation d’organe solide en cours de traitement immunosuppresseur Vaccins vivants grippe saisonnière

hépatite A

hépatite B

pneumocoque

Vacciner 6 MOIS après la greffe

Greffe de cellules souches hématopoïétiques Vaccins vivants

Durant 2 ans après la greffe

Haemophilus influenzae type B

pneumocoque

grippe saisonnière

Maladie auto-immune traitée

 

Vaccins vivants grippe saisonnière

pneumocoque

Virus de l’immunodéficience humaine (VIH)  Selon avis de l’infectiologue grippe saisonnière

pneumocoque

hépatite B

Anomalie de fonctionnement de la rate ou absence de rate  Pas de contre-indication grippe saisonnière

pneumocoque

méningocoque,

Haemophilus influenzae type B

 

Point sur l’allergie aux pénicillines

Environ 10 % de la population serait étiquetée « allergique aux pénicillines » et parfois à tort car l’allergie vraie est rare ! 

Il est donc important de différencier  les vraies réactions « allergiques » et les effets indésirables non allergiques des pénicillines (ou intolérance aux pénicillines).

Les pénicillines constituent une famille d’antibiotiques comportant de nombreux médicaments, comme l’amoxicilline (Clamoxyl® ou génériques), l’association amoxicilline/acide clavulanique (Augmentin® ou génériques), la cloxacilline (Orbénine® ou génériques)…

Les pénicillines sont efficaces dans un grand nombre d’infections. Si on ne peut pas les utiliser, d’autres antibiotiques sont disponibles mais ils présentent d’autres inconvénients (développement de résistances bactériennes, atteintes des tendons avec les fluoroquinolones, utilisation réservée au milieu hospitalier…).

Les antibiotiques, comme tous les médicaments, peuvent entraîner des effets indésirables, dont des réactions de type allergique, mais tous les effets indésirables des pénicillines ne sont pas de nature allergique !

Les pénicillines peuvent provoquer :

  • des réactions non allergiques (appelées réactions d’intolérance) telles que des nausées, des vomissements, une diarrhée peu sévère, des maux de tête… Ces effets peuvent être dûs à une mauvaise tolérance du médicament par l’organisme et une consultation chez votre médecin est nécessaire pour discuter de la poursuite du traitement. Bien souvent, le médicament pourra être poursuivi ou represcrit ultérieurement.
  • une allergie (plus rare) avec différents symptômes comme une éruption cutanée avec parfois des démangeaisons (prurit), un gonflement du visage ou à l’intérieur de la bouche (œdème de Quincke), des difficultés respiratoires, une diarrhée importante, une modification de la tension artérielle pouvant conduire à un malaise… Ces symptômes surviennent, selon le type d’allergie, soit immédiatement après la prise de l’antibiotique (dans les minutes ou les heures qui suivent), soit quelques jours après le début du traitement.
Un avis médical est impératif pour assurer votre prise en charge et décider de l’arrêt du traitement. Les symptômes peuvent parfois être particulièrement sévères et nécessiter un transfert aux urgences, voire une hospitalisation.

Comment savoir si vous êtes vraiment « allergique » à une pénicilline ?

Si votre médecin pense à une réaction de type allergique, il vous adressera chez un allergologue pour définir le type d’allergie (allergie vraie ou hypersensibilité non allergique).

En effet, seuls des tests réalisés par un allergologue permettent d’affirmer une allergie et ainsi justifier une contre-indication définitive au médicament, voire à d’autres pénicillines.

  • Il est indispensable d’effectuer ces tests en raison du risque de réaction plus sévère en cas de reprise du médicament si vous êtes vraiment allergique.
  • Ces tests sont également indispensables pour exclure une allergie et autoriser la reprise du médicament.
  • Attention ! Les tests allergologiques vis-à-vis des pénicillines doivent être réalisés dès que vous obtenez un rendez-vous chez l’allergologue. Si vous attendez trop longtemps, les résultats peuvent être faussement négatifs !

Achat de médicaments sur Internet : quelles garanties, quels risques ?

Il est maintenant possible d’acheter ses médicaments sur Internet par le biais de pharmacies virtuelles. Le coût de revient plus bas, le gain de temps, la discrétion pour l’acheteur sont sans nul doute des arguments attractifs. Mais quelles garanties a-t-on sur la qualité, l’efficacité et la sécurité du médicament que l’on commande en ligne ? La vigilance s’impose à tous les internautes et cet article vous donnera quelques pistes pour ne pas mettre en danger votre santé, voire votre vie.

Le médicament a un statut particulier

Le médicament n’est pas un bien de consommation comme les autres. De sa fabrication à son arrivée dans les officines pour être vendu, il est contrôlé par les autorités de santé pour garantir sa qualité (composition, conditions de fabrication, conservation, distribution…).

Avant d’être autorisé à la vente, un médicament doit faire la preuve de son efficacité et de sa sécurité par le biais d’études scientifiques. Pour cela, quiconque souhaite en commercialiser doit déposer un dossier de demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) à une autorité compétente (en France, l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des Produits de santé (ANSM) ; en Europe l’Agence Européenne des Médicaments (EMA)).

Seuls les médicaments disposant d’une autorisation peuvent être commercialisés.

Le monopole pharmaceutique implique que seuls des pharmaciens diplômés puissent  dispenser des médicaments à des patients afin de garantir leur sécurité (approvisionnement, stockage, vérification d’interaction avec les autres médicaments pris, conseils adaptés…).

Quoi qu’il en soit, à côté du bénéfice attendu lors de la prise d’un médicament (traiter ou prévenir une maladie), la survenue d’effets indésirables est toujours possible (leur liste se trouve dans la notice de chaque boite de médicament), ce qui fait que le médicament n’est pas un produit anodin.

Certains médicaments soumis à une prescription obligatoire nécessitent une ordonnance, d’autres, considérés comme « moins dangereux » sont dits à prescription facultative et ne nécessitent pas d’ordonnance pour être délivrés par un pharmacien d’officine. Cette dernière catégorie correspond aux médicaments dits d’automédication.

Quels médicaments peuvent être achetés sur Internet en France ?

Depuis le 31 décembre 2012, la France autorise sous 2 conditions principales, la vente en ligne de certains médicaments :

  1. Seuls les médicaments pouvant être obtenus sans ordonnance sont concernés,
  2. Une pharmacie en ligne doit être obligatoirement liée à une seule officine physique qui a reçu l’accord préalable de l’Agence Régionale de Santé (ARS) dont elle dépend.

Dans l’Union Européenne, une personne physique ou morale détenant une habilitation légale à vendre des médicaments dans un Etat membre, doit, si elle s’adresse à une personne résidant en France, ne proposer à la vente que des médicaments à prescription facultative et ayant une AMM en France.

L’achat de médicaments en ligne hors Union Européenne est illégal !

Sur quels sites peut-on acheter ses médicaments en toute sécurité ?

D’après l’Institut de Recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments (IRACM), 96% des pharmacies en ligne seraient illégales. Ces sites sont d’apparence tout à fait sérieuse et pour duper les consommateurs, certains d’entre-eux empruntent d’anciennes adresses du site d’une officine légale. Ce procédé se nomme le « cybersquatting ».

En France, seuls les pharmaciens établis sur notre territoire, titulaires d’une pharmacie d’officine, les pharmaciens gérants d’une pharmacie mutualiste ou d’une pharmacie de secours minière peuvent avoir une activité de commerce électronique. Chaque pharmacie en ligne doit être liée à une officine physique et avoir obtenu l’autorisation préalable de l’ARS dont elle dépend. De plus, après avoir obtenu cet accord, les pharmaciens doivent informer de cette création, le conseil de l’Ordre des pharmaciens dont ils dépendent.

Ainsi, pour savoir si vous êtes connectés sur une pharmacie en ligne légale, il faut vérifier au préalable que celle-ci est bien autorisée en France. Pour ce faire, il suffit de consulter la liste des sites de vente en ligne de médicaments autorisés par les ARS qui est tenue à jour et mise à disposition par l’Ordre national des pharmaciens http://www.ordre.pharmacien.fr/ecommerce/search

Dans l’Union Européenne, la mise en place d’un logo commun à tous les états membres de l’Union européenne doit être apposée sur les sites internet de vente en ligne de médicaments. Ce logo a pour objectif d’être reconnaissable au sein de toute la zone européenne et de permettre au potentiel acheteur de vérifier si le site en question figure bien sur la liste des sites autorisés par l’activité de commerce électronique de médicaments (ci-dessous).

Par ailleurs, que ce soit en France ou dans les autres pays de l’Union européenne, certaines données techniques doivent obligatoirement figurer sur le site, comme l’identification et les coordonnées du pharmacien responsable du site. De plus, des systèmes d’alerte existent lorsque les quantités demandées dépassent les doses autorisées. Enfin, il est toujours possible de poser une question ou de se faire rappeler par téléphone par le pharmacien.

Attention à la contrefaçon !

L’organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ 50% des médicaments vendus sur Internet sont des médicaments falsifiés (médicaments contrefaits ou non autorisés).

  • Un médicament contrefait peut présenter une composition différente de celle du médicament d’origine (surdosage, sous-dosage, absence de principe actif ou présence de substances toxiques).
  • Un médicament non autorisé est un médicament qui n’a pas obtenu d’AMM délivrée par les autorités de santé (le bénéfice apporté est jugé inférieur au risque induit).

Les médicaments falsifiés proviennent principalement de pays également producteurs légaux tels que l’Inde et la Chine et sont quasiment impossibles à distinguer du médicament original si l’on ne dispose pas d’appareils d’analyses adaptés. Les classes pharmacologiques saisies par les douanes sont très diverses, à côté des médicaments des troubles de l’érection (Viagra (sildenafil), Cialis (tadalafil)), on trouve également des produits de première nécessité comme des anti-inflammatoires, des antibiotiques, des antidiabétiques et des antipaludéens. Des anticancéreux ont également été contrefaits.

Ainsi, cette criminalité pharmaceutique peut potentiellement toucher n’importe quel type de médicament et avoir des conséquences parfois dramatiques (retard de soin, perte de chances, séquelles, décès).

La lutte contre cette cybercriminalité en constante augmentation est une préoccupation internationale et la vente de ces médicaments via des sites illégaux est reconnue comme une menace pour la santé publique mondiale. L’Union Européenne a adopté des textes pour que de tels crimes soient soumis au droit pénal (convention Médicrime) et pour sécuriser le circuit de distribution notamment sur Internet (directive 2011/62/EU).

Pour conclure

La vente de médicaments en ligne est très réglementée en France et dans l’Union européenne dans le but principal de protéger la santé des patients. Aucun achat sur Internet ne devrait être pratiqué sans vérification préalable de la légalité du site consulté. Par ailleurs, les avantages certains, notamment pour les personnes isolées ou à mobilité réduite, ne doivent pas occulter les inconvénients habituels des achats en ligne, comme des données personnelles non sécurisées à 100%, des frais de port qui augmentent le prix final,  les risques d’achat en ligne hors Union Européenne et les risques de contrefaçon ou de saisie douanière !

Restez vigilants!!

Pour en savoir plus :

L’allergie à l’iode n’existe pas !

Les réactions allergiques sont des réponses inadaptées du système immunitaire à des substances habituellement inoffensives : ces substances, appelées allergènes, peuvent se trouver par exemple dans l’air, l’alimentation ou dans les médicaments. La réaction allergique peut se manifester par différents symptômes (rhinite, crise d’asthme, éruption…) et peut être grave notamment en cas de choc anaphylactique (manifestation d’hypersensibilité immédiate) avec un risque potentiellement vital, nécessitant une prise en charge en urgence.

Pourquoi dit-on que l’allergie à l’iode n’existe pas ?

« L’allergie à l’iode » est une expression très fréquemment utilisée dans la pratique médicale : elle véhicule pourtant une fausse information car l’allergie à l’iode n’existe pas. Les véritables allergies cachées derrière cet abus de langage sont les allergies aux poissons et crustacés, les allergies aux antiseptiques iodés ou aux produits de contraste iodés. Cette notion d’« allergie à l’iode » impliquerait que l’atome d’iode soit l’allergène, c’est-à-dire que l’iode serait responsable de la survenue de l’allergie. Or l’allergène en cause est différent selon que l’on soit allergique aux poissons et crustacés, aux antiseptiques iodés ou aux produits de contraste iodés :

  • Allergie aux poissons et crustacés   Allergène = protéines des muscles des poissons et des crustacés
  • Allergie aux antiseptiques iodés      Allergène = povidone (substance active contenue par exemple dans la BETADINE®) ou conservateur
  • Allergie aux produits de contraste iodés (PCI)  Allergène = non connu actuellement

Les produits de contraste sont utilisés en imagerie dans le but d’augmenter artificiellement le contraste d’un organe ou d’une autre structure anatomique afin de faciliter le diagnostic. On les utilise par exemple lors de la réalisation de scanners.

De plus, il faut savoir que l’iode est un élément naturel de notre environnement et est essentiel à la vie : en effet l’iode est indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Nous en ingérons quotidiennement dans la nourriture, par exemple dans le sel iodé et il est nécessaire d’en absorber au moins 150 µg par jour. On le retrouve également dans les algues, les poissons, les crevettes, l’huile de foie de morue….

Chez les personnes allergiques, le système immunitaire réagit en présence de l’allergène mais aussi parfois en présence d’autres substances ressemblantes. C’est ce qu’on appelle des allergies croisées.

Les allergènes sont différents dans les 3 cas de figure ; il n’existe donc pas d’allergie croisée entre l’allergie aux poissons et crustacés, l’allergie aux antiseptiques iodés et l’allergie aux produits de contraste iodés. Cependant, dans de très rares cas, il est possible d’être allergique indépendamment à plusieurs substances.

Pourquoi est-il important de ne pas parler d’allergie à l’iode ?

Si vous êtes « étiqueté » à tort « allergique à l’iode », on pourrait vous priver d’une injection de PCI dans le cadre d’un examen. La non-réalisation de cet examen pourrait avoir des répercussions sur votre prise en charge médicale.

En cas de réaction suite à la consommation de poissons ou de crustacés, ou après l’application d’un antiseptique iodé, ou lors d’une injection de produit de contraste iodé, il est indispensable de réaliser un bilan allergologique afin de savoir si la réaction était liée à une allergie et quel produit est responsable de l’allergie. En cas d’allergie, une carte d’allergique vous est délivrée, précisant les produits qui sont alors contre-indiqués à vie.

Pour conclure, l’allergie à l’iode n’existe pas !

N’hésitez pas à aborder ce sujet avec votre médecin pour qu’il vous prescrive, si besoin, un bilan allergologique adapté.

Cet article a été rédigé par le CRPV de Nantes