Achat de médicaments sur Internet : quelles garanties, quels risques ?

Il est maintenant possible d’acheter ses médicaments sur Internet par le biais de pharmacies virtuelles. Le coût de revient plus bas, le gain de temps, la discrétion pour l’acheteur sont sans nul doute des arguments attractifs. Mais quelles garanties a-t-on sur la qualité, l’efficacité et la sécurité du médicament que l’on commande en ligne ? La vigilance s’impose à tous les internautes et cet article vous donnera quelques pistes pour ne pas mettre en danger votre santé, voire votre vie.

Le médicament a un statut particulier

Le médicament n’est pas un bien de consommation comme les autres. De sa fabrication à son arrivée dans les officines pour être vendu, il est contrôlé par les autorités de santé pour garantir sa qualité (composition, conditions de fabrication, conservation, distribution…).

Avant d’être autorisé à la vente, un médicament doit faire la preuve de son efficacité et de sa sécurité par le biais d’études scientifiques. Pour cela, quiconque souhaite en commercialiser doit déposer un dossier de demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) à une autorité compétente (en France, l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des Produits de santé (ANSM) ; en Europe l’Agence Européenne des Médicaments (EMA)).

Seuls les médicaments disposant d’une autorisation peuvent être commercialisés.

Le monopole pharmaceutique implique que seuls des pharmaciens diplômés puissent  dispenser des médicaments à des patients afin de garantir leur sécurité (approvisionnement, stockage, vérification d’interaction avec les autres médicaments pris, conseils adaptés…).

Quoi qu’il en soit, à côté du bénéfice attendu lors de la prise d’un médicament (traiter ou prévenir une maladie), la survenue d’effets indésirables est toujours possible (leur liste se trouve dans la notice de chaque boite de médicament), ce qui fait que le médicament n’est pas un produit anodin.

Certains médicaments soumis à une prescription obligatoire nécessitent une ordonnance, d’autres, considérés comme « moins dangereux » sont dits à prescription facultative et ne nécessitent pas d’ordonnance pour être délivrés par un pharmacien d’officine. Cette dernière catégorie correspond aux médicaments dits d’automédication.

Quels médicaments peuvent être achetés sur Internet en France ?

Depuis le 31 décembre 2012, la France autorise sous 2 conditions principales, la vente en ligne de certains médicaments :

  1. Seuls les médicaments pouvant être obtenus sans ordonnance sont concernés,
  2. Une pharmacie en ligne doit être obligatoirement liée à une seule officine physique qui a reçu l’accord préalable de l’Agence Régionale de Santé (ARS) dont elle dépend.

Dans l’Union Européenne, une personne physique ou morale détenant une habilitation légale à vendre des médicaments dans un Etat membre, doit, si elle s’adresse à une personne résidant en France, ne proposer à la vente que des médicaments à prescription facultative et ayant une AMM en France.

L’achat de médicaments en ligne hors Union Européenne est illégal !

Sur quels sites peut-on acheter ses médicaments en toute sécurité ?

D’après l’Institut de Recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments (IRACM), 96% des pharmacies en ligne seraient illégales. Ces sites sont d’apparence tout à fait sérieuse et pour duper les consommateurs, certains d’entre-eux empruntent d’anciennes adresses du site d’une officine légale. Ce procédé se nomme le « cybersquatting ».

En France, seuls les pharmaciens établis sur notre territoire, titulaires d’une pharmacie d’officine, les pharmaciens gérants d’une pharmacie mutualiste ou d’une pharmacie de secours minière peuvent avoir une activité de commerce électronique. Chaque pharmacie en ligne doit être liée à une officine physique et avoir obtenu l’autorisation préalable de l’ARS dont elle dépend. De plus, après avoir obtenu cet accord, les pharmaciens doivent informer de cette création, le conseil de l’Ordre des pharmaciens dont ils dépendent.

Ainsi, pour savoir si vous êtes connectés sur une pharmacie en ligne légale, il faut vérifier au préalable que celle-ci est bien autorisée en France. Pour ce faire, il suffit de consulter la liste des sites de vente en ligne de médicaments autorisés par les ARS qui est tenue à jour et mise à disposition par l’Ordre national des pharmaciens http://www.ordre.pharmacien.fr/ecommerce/search

Dans l’Union Européenne, la mise en place d’un logo commun à tous les états membres de l’Union européenne doit être apposée sur les sites internet de vente en ligne de médicaments. Ce logo a pour objectif d’être reconnaissable au sein de toute la zone européenne et de permettre au potentiel acheteur de vérifier si le site en question figure bien sur la liste des sites autorisés par l’activité de commerce électronique de médicaments (ci-dessous).

Par ailleurs, que ce soit en France ou dans les autres pays de l’Union européenne, certaines données techniques doivent obligatoirement figurer sur le site, comme l’identification et les coordonnées du pharmacien responsable du site. De plus, des systèmes d’alerte existent lorsque les quantités demandées dépassent les doses autorisées. Enfin, il est toujours possible de poser une question ou de se faire rappeler par téléphone par le pharmacien.

Attention à la contrefaçon !

L’organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’environ 50% des médicaments vendus sur Internet sont des médicaments falsifiés (médicaments contrefaits ou non autorisés).

  • Un médicament contrefait peut présenter une composition différente de celle du médicament d’origine (surdosage, sous-dosage, absence de principe actif ou présence de substances toxiques).
  • Un médicament non autorisé est un médicament qui n’a pas obtenu d’AMM délivrée par les autorités de santé (le bénéfice apporté est jugé inférieur au risque induit).

Les médicaments falsifiés proviennent principalement de pays également producteurs légaux tels que l’Inde et la Chine et sont quasiment impossibles à distinguer du médicament original si l’on ne dispose pas d’appareils d’analyses adaptés. Les classes pharmacologiques saisies par les douanes sont très diverses, à côté des médicaments des troubles de l’érection (Viagra (sildenafil), Cialis (tadalafil)), on trouve également des produits de première nécessité comme des anti-inflammatoires, des antibiotiques, des antidiabétiques et des antipaludéens. Des anticancéreux ont également été contrefaits.

Ainsi, cette criminalité pharmaceutique peut potentiellement toucher n’importe quel type de médicament et avoir des conséquences parfois dramatiques (retard de soin, perte de chances, séquelles, décès).

La lutte contre cette cybercriminalité en constante augmentation est une préoccupation internationale et la vente de ces médicaments via des sites illégaux est reconnue comme une menace pour la santé publique mondiale. L’Union Européenne a adopté des textes pour que de tels crimes soient soumis au droit pénal (convention Médicrime) et pour sécuriser le circuit de distribution notamment sur Internet (directive 2011/62/EU).

Pour conclure

La vente de médicaments en ligne est très réglementée en France et dans l’Union européenne dans le but principal de protéger la santé des patients. Aucun achat sur Internet ne devrait être pratiqué sans vérification préalable de la légalité du site consulté. Par ailleurs, les avantages certains, notamment pour les personnes isolées ou à mobilité réduite, ne doivent pas occulter les inconvénients habituels des achats en ligne, comme des données personnelles non sécurisées à 100%, des frais de port qui augmentent le prix final,  les risques d’achat en ligne hors Union Européenne et les risques de contrefaçon ou de saisie douanière !

Restez vigilants!!

Pour en savoir plus :

L’allergie à l’iode n’existe pas !

Les réactions allergiques sont des réponses inadaptées du système immunitaire à des substances habituellement inoffensives : ces substances, appelées allergènes, peuvent se trouver par exemple dans l’air, l’alimentation ou dans les médicaments. La réaction allergique peut se manifester par différents symptômes (rhinite, crise d’asthme, éruption…) et peut être grave notamment en cas de choc anaphylactique (manifestation d’hypersensibilité immédiate) avec un risque potentiellement vital, nécessitant une prise en charge en urgence.

Pourquoi dit-on que l’allergie à l’iode n’existe pas ?

« L’allergie à l’iode » est une expression très fréquemment utilisée dans la pratique médicale : elle véhicule pourtant une fausse information car l’allergie à l’iode n’existe pas. Les véritables allergies cachées derrière cet abus de langage sont les allergies aux poissons et crustacés, les allergies aux antiseptiques iodés ou aux produits de contraste iodés. Cette notion d’« allergie à l’iode » impliquerait que l’atome d’iode soit l’allergène, c’est-à-dire que l’iode serait responsable de la survenue de l’allergie. Or l’allergène en cause est différent selon que l’on soit allergique aux poissons et crustacés, aux antiseptiques iodés ou aux produits de contraste iodés :

  • Allergie aux poissons et crustacés   Allergène = protéines des muscles des poissons et des crustacés
  • Allergie aux antiseptiques iodés      Allergène = povidone (substance active contenue par exemple dans la BETADINE®) ou conservateur
  • Allergie aux produits de contraste iodés (PCI)  Allergène = non connu actuellement

Les produits de contraste sont utilisés en imagerie dans le but d’augmenter artificiellement le contraste d’un organe ou d’une autre structure anatomique afin de faciliter le diagnostic. On les utilise par exemple lors de la réalisation de scanners.

De plus, il faut savoir que l’iode est un élément naturel de notre environnement et est essentiel à la vie : en effet l’iode est indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Nous en ingérons quotidiennement dans la nourriture, par exemple dans le sel iodé et il est nécessaire d’en absorber au moins 150 µg par jour. On le retrouve également dans les algues, les poissons, les crevettes, l’huile de foie de morue….

Chez les personnes allergiques, le système immunitaire réagit en présence de l’allergène mais aussi parfois en présence d’autres substances ressemblantes. C’est ce qu’on appelle des allergies croisées.

Les allergènes sont différents dans les 3 cas de figure ; il n’existe donc pas d’allergie croisée entre l’allergie aux poissons et crustacés, l’allergie aux antiseptiques iodés et l’allergie aux produits de contraste iodés. Cependant, dans de très rares cas, il est possible d’être allergique indépendamment à plusieurs substances.

Pourquoi est-il important de ne pas parler d’allergie à l’iode ?

Si vous êtes « étiqueté » à tort « allergique à l’iode », on pourrait vous priver d’une injection de PCI dans le cadre d’un examen. La non-réalisation de cet examen pourrait avoir des répercussions sur votre prise en charge médicale.

En cas de réaction suite à la consommation de poissons ou de crustacés, ou après l’application d’un antiseptique iodé, ou lors d’une injection de produit de contraste iodé, il est indispensable de réaliser un bilan allergologique afin de savoir si la réaction était liée à une allergie et quel produit est responsable de l’allergie. En cas d’allergie, une carte d’allergique vous est délivrée, précisant les produits qui sont alors contre-indiqués à vie.

Pour conclure, l’allergie à l’iode n’existe pas !

N’hésitez pas à aborder ce sujet avec votre médecin pour qu’il vous prescrive, si besoin, un bilan allergologique adapté.

Cet article a été rédigé par le CRPV de Nantes

LEVOTHYROX « nouvelle formulation »

Votre Centre Régional de Pharmacovigilance reçoit actuellement de nombreuses déclarations suite au changement de formulation et voici pour rappel quelques consignes pour faire une déclaration bien documentée dès le départ:

  • Indiquez bien :
    • La date de début des symptômes que vous suspectez en lien avec LEVOTHYROX nouvelle formule
    • la date de début de prise de LEVOTHYROX nouvelle formule,
    • ainsi que la durée précédente de traitement avec l’ancienne formulation.
  • N’oubliez pas de préciser la posologie (nombre de microgrammes par jour) et pour quelle pathologie vous prenez du LEVOTHYROX (toutes les données sont anonymisées).
  • Il est important de nous transmettre les résultats des dosages d’hormones thyroïdiennes (surtout de TSH) qui ont été effectués avant la survenue des effets indésirables (au cours des 6 derniers mois) et au moment de vos symptômes, en notant bien les dates. Ceux-ci sont indispensables pour évaluer l’impact de cette nouvelle formulation.
  • Enfin, n’oubliez pas de préciser si votre traitement a dû être modifié en conséquence et les autres médicaments que vous prenez en même temps que le LEVOTHYROX.

Nous vous remercions pour votre vigilance !

Effets indésirables du stérilet MIRENA®

Votre Centre Régional de Pharmacovigilance reçoit actuellement de nombreuses déclarations et voici pour rappel quelques consignes pour faire une déclaration bien documentée :

  • MIRENA® est un stérilet qui a le statut de médicament, donc il faut choisir la rubrique « médicament » sur le portail des signalements (néanmoins, rassurez-vous, toutes les fiches sont (re)transmises aux centres régionaux de pharmacovigilance).
  • Une seule déclaration suffit quel que soit le mode de déclaration choisi (portail des signalements, site internet de l’ANSM ou contact direct avec le CRPV de votre région)
  • Merci de préciser la date de pose du stérilet (si possible jour/mois/année ou mois/année) ainsi que la date de début des effets indésirables.
  • N’hésitez pas à préciser si c’est la première fois que vous avez ce stérilet ou s’il s’agit d’un renouvellement. Dans ce cas, bien préciser la date de pose du premier MIRENA®.
  • Si le dispositif a été retiré, précisez la date du retrait ainsi que l’évolution des symptômes depuis cette date.