Traitements préventifs contre le virus respiratoire syncytial : des erreurs trop nombreuses.

Le rapport d’enquête des vaccins contre le virus respiratoire syncytial (ABRYSVO®, AREXVY®, mRESVIA®) mené par le CRPV de Rouen relève une proportion non négligeable d’erreurs médicamenteuses trahissant une méconnaissance de ces vaccins.

ABRYSVO® et AREXVY® sont tous deux des vaccins produits par technologie ADN recombinant, tandis que mRESVIA est un vaccin ARN messager. Ces trois vaccins ont reçu une autorisation initiale de mise sur le marché pour la prévention active de la maladie induite par le VRS chez les adultes de plus de 60 ans. Parmi eux, seul ABRYSVO® dispose d’une indication dans l’immunisation passive, par la vaccination maternelle, des nourrissons jusqu’à 6 mois (dose unique entre 24 et 36 semaines d’aménorrhée (SA)).

Ces cas d’erreurs mis en évidence sont de types variés : certains cas sont non conformes au regard de la recommandation de la Haute Autorité de Santé (administration à la femme enceinte entre 32 et 36 SA) tout en restant dans l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), d’autres concernent des situations également non conformes au regard de l’AMM initiale des vaccins, notamment l’administration à des adultes non éligibles en raison de l’âge et pour certains désormais inclus du fait de l’élargissement des indications des différentes spécialités. Certains dossiers posent clairement eux la question de l’efficacité vaccinale et de la sécurité des patients exposés avec notamment pour ABRYSVO®, indiqué pendant la grossesse, des vaccinations tardives après 36 SA et des administrations concomitantes aux vaccins diphtérie-tétanos-coqueluche acellulaires, pour lesquels il est recommandé d’observer un intervalle minimal de 2 semaines ; des administrations d’autres spécialités à des femmes enceintes sont aussi retrouvées. Enfin, l’enquête identifie des administrations de ces vaccins à des nourrissons à la place de BEYFORTUS®, anticorps monoclonal indiqué dans la prévention des infections à VRS chez les nourrissons de moins de 24 mois, pour lequel le CRPV de Nice, en charge du suivi, retrouve des injections à des femmes enceintes, confirmant la confusion qui existe sur la place de ces spécialités.

Le 27 novembre 2025, l’ANSM a donc adjoint à la publication de ce rapport, qui par ailleurs reste rassurant sur la sécurité d’emploi, une communication ciblant ce problème d’erreurs médicamenteuses avec une fiche d’information sur les risques de confusion entre ces différents traitements préventifs contre le VRS. 

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