RLes agonistes du récepteur du glucagon-like-peptide-1 (AR-GLP-1) sont indiqués dans le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, en complément d’un régime alimentaire et d’une activité physique. Certains d’entre-eux, tel que le liraglutide, le sémaglutide et le tirzépatide (ce dernier étant un double agoniste des récepteurs GLP-1 et GIP) disposent également d’une indication dans la prise en charge de l’obésité avec un indice de masse corporelle (i) ≥ 30 kg/m2 (obésité), ou (ii) entre 27 et 30 kg/m2 en présence d’au moins un facteur de comorbidité lié au poids (dysglycémie, hypertension artérielle, dyslipidémie, un syndrome d’apnée obstructive du sommeil ou une maladie cardiovasculaire).
Un suivi renforcé de pharmacovigilance concernant l’ensemble de cette classe pharmacologique est actuellement en place. Durant ce suivi, des cas de carences nutritionnelles associées à l’utilisation de ces médicaments ont été identifiés comme un signal de sécurité (1), alors qu’aucune mention explicite de ces effets indésirables potentiellement graves ne figure dans les différents résumés des caractéristiques des produits (RCP) concernés. Les cas rapportés des bases nationale et internationale de pharmacovigilance ainsi que dans la littérature décrivent diverses carences nutritionnelles, en vitamines, fer, folates, ou protéines. Celles-ci peuvent être responsables de complications graves telles qu’une anémie par carence martiale, une sarcopénie par carence protéique ou encore une encéphalopathie de Gayet-Wernicke liée à une carence en thiamine (vitamine B1). Les carences nutritionnelles constituent également des facteurs de risque de perte de cheveux, effet mentionné dans le seul RCP de WERGOVY (sémaglutide) et pourraient aussi, en théorie, avoir un impact sur la densité osseuse ainsi que sur le risque de fracture.
La réduction des apports alimentaires due à l’action des AR-GLP-1 au niveau central (augmentation de la satiété), les modifications qualitatives des repas (règles hygiéno-diététiques) ainsi que les effets gastro-intestinaux induits par les AR-GLP-1 (ralentissement de la vidange gastrique, nausées et vomissements) sont susceptibles de favoriser l’apparition de ces déficits nutritionnels.
Ces risques et leurs complications justifient la mise en place d’une surveillance nutritionnelle et, le cas échéant, d’une supplémentation adaptée. Toutefois, les RCP ne recommandent à ce jour ni surveillance nutritionnelle systématique, ni stratégie de dépistage, ni prise en charge diététique structurée dès l’apparition de signes cliniques évocateurs de carences en micronutriments.
En décembre 2025, pour remédier à ce manque d’information, les sociétés savantes française représentées par le Groupe de Concertation et de Coordination des Centres Spécialisés de l’Obésité (GCC-CSO) et le réseau FORCE ont publié une prise de position nationale concernant les traitements médicamenteux de l’obésité (TMO) et leur accompagnement en pratique (2).
La déclaration aux Centres Régionaux de Pharmacovigilance des effets indésirables inattendus, c’est-à-dire non listés dans le RCP / notice des médicaments, est primordiale pour identifier le plus rapidement possible de nouveaux signaux de sécurité.
Références :
(1) Enquête nationale sur les effets indésirables associés aux agonistes du récepteur du glucagon-like peptide (GLP-1). https://ansm.sante.fr/uploads/2026/01/07/20250923-rapport-2-enquete-pv-analogues-glp-1.pdf
(2) Aron-Wisnewsky J, Tatulashvili S, Segrestin B, et al (2025) Prise de position du GCC-CSO sur les traitements médicamenteux de l’obésité (TMO) chez l’adulte et leur accompagnement en pratique. Médecine des Maladies Métaboliques 19:597–628. https://doi.org/10.1016/j.mmm.2025.10.003
