Mésusage à haut risque des médicaments de l’obésité

Ce mois-ci les bulletins des CRPV d’Occitanie et du Nord – Pas de Calais informent sur le risque lié aux mésusages des médicaments de l’obésité.

La sécurité d’un médicament dépend avant tout des conditions de son utilisation. Le culte de la minceur, l’influence des réseaux sociaux, le trafic de médicaments et l’accès facilité à certains produits via internet ont favorisé l’émergence d’usages non encadrés médicalement et parfois dangereux des nouveaux traitements de l’obésité.

L’analyse de plus de 70 cas d’effets indésirables associés à un mésusage d’agonistes du GLP-1 ou du GLP-1/GIP, rapportés au Réseau Français des Centres Régionaux de Pharmacovigilance au cours des cinq dernières années, met en évidence une augmentation rapide du phénomène. Les patients concernés étaient principalement de jeunes femmes, parfois des mineurs et, même dans certains cas, sans surpoids.

Le médicament est en majorité obtenu en dehors de tout parcours de soins : auprès d’un proche, via les réseaux sociaux, internet ou le marché noir. Les conséquences étaient graves dans 60 % des cas : des pancréatites aiguës, des gastroparésies, des iléus paralytiques, des acidocétoses ou encore des hypoglycémies sévères (un patient a présenté un coma hypoglycémique après l’injection d’un produit falsifié acheté en ligne). L’un des enseignements majeurs de cette étude est que plus de 3/4 des cas impliquaient un surdosage.

Dans le contexte actuel d’engouement autour de ces traitements, ces observations rappellent l’importance d’une évaluation médicale préalable rigoureuse, intégrant l’information et l’éducation du patient, mais également d’un suivi régulier et d’une prise en charge globale associant conseils nutritionnels, activité physique et accompagnement psychologique lorsque nécessaire.

Plus préoccupante encore est l’alerte concernant le rétatrutide, un agoniste triple GLP-1, GIP et glucagon actuellement en développement clinique mais largement promu sur les réseaux dans la mouvance des « peptides injectables ». Le réseau français des CRPV a déjà reçu plus d’une dizaine de signalements d’effets indésirables, parfois graves, chez des patients qui sont manifestement prêts à s’injecter des substances non autorisées dont la qualité, la composition et la sécurité sont largement inconnues, sur la seule foi d’informations circulant sur les réseaux sociaux.

L’ANSM a publié le 02/07/2026, une alerte à propos de ces différents « peptides » vendus en ligne et plusieurs décisions de police sanitaire ont été prises (la dernière datant du 30/08/2026) visant à interdire la publicité et la vente de ces produits présentés comme des analogues du GLP-1 (1).

Face à la banalisation de ces pratiques, il est urgent de renforcer l’éducation des citoyens et la promotion d’un usage raisonné du médicament.

Références :

(1) ANSM. Actualité – « Peptides » vendus en ligne : ne les utilisez pas, ils peuvent être dangereux – ANSM

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut