Extraits de la Tribune du journal Le Monde du 23/04/2019 sur le réseau des CRPV

Pharmacovigilance: les Centres Régionaux doivent rester au cœur du système d’alerte!

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/04/24/pharmacovigilance-les-centres-regionaux-doivent-rester-au-c-ur-du-systeme-d-alerte_5454036_1650684.html

Article co-signé par le Pr Régis Bordet, le Dr Annie Pierre Bera-Jonville (présidente de l’association Réseau Français des CRPV), le Pr Joelle Micallef (présidente de l’association des CEIP), le Pr Mathieu Molimard, le Dr Silvy Laporte, le Pr Dominique Deplanque, le Dr Fabien despas, le Pr Jean Louis Montastruc et le Pr Bernard Bégaud.

Cet article souligne l’intérêt et la qualité du travail des CRPV au quotidien auprès des professionnels de santé et des patients.

En voici quelques extraits:

« Les CRPV regroupent, dans des services bien identifiés et ancrés dans les CHU, des pharmacologues médicaux, spécialistes du diagnostic et de la prise en charge des maladies médicamenteuses.

Les compétences nécessaires à l’exercice du métier de pharmacovigilant résultent d’un long compagnonnage, dans un écosystème rassemblant toutes les facettes de l’expertise sur le médicament. Les activités des CRPV s’effectuent à l’interface de l’organisation territoriale de la veille et de la sécurité sanitaire, assurée par les agences régionales de santé, et de l’organisation nationale sous la responsabilité de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Ce double positionnement des CRPV leur donne un rôle privilégié dans la ­détection et l’analyse des premiers ­signaux d’alerte d’un risque médicamenteux, dans leur confirmation par un ­travail en réseau et dans l’information ou la formation des professionnels de santé et des patients.

Cette position fut déjà celle des CRPV dans le dossier du benfluorex (Mediator), même si, à l’époque, les amalgames, les raccourcis faciles et l’emballement médiatique n’ont pas rendu justice aux CRPV, qui furent, pourtant, les premiers à donner l’alerte, comme l’a établi le ­rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) de l’époque.

D’autres dossiers plus récents – dispositif intra-utérin au lévonorgestrel (Mirena) ; méningiomes sous acétate de cyprotérone (Androcur) ;5-fluoro-uracile (5-FU) ; ­docétaxel ; acide valproïque ; entéropathies sous olmésartan… – montrent le rôle majeur des CRPV, pour générer, au plus près du terrain, des signaux pertinents et participer, grâce à leur vision générale du médicament et à leurs compétences en pharmacoépidémiologie, à l’analyse de ces signaux qui sert ensuite de base aux prises de décision par les agences du médicament française ou européenne.

La crise qui a suivi le changement de formule du LEVOTHYROX, par son ampleur numérique et temporelle, a de nouveau confirmé que les CRPV sont les premiers interliocuteurs des patients et des professionnels de santé. Dès le printemps (2017), les CRPV avaient alerté sur un nombre anormalement élevé de déclarations d’effets indésirables pour un médicament aussi ancien et autant prescrit. Mais durant l’été 2017, ce sont bien les CRPV qui furent en première lignepour recueillir les plaintes et les souffrances de patients…

A un moment où une réorganisation de la vigilance sur les produits de santé est en cours, avec un risque de dérive vers un système trop administratif ou trop territorialisé, les pouvoirs publics doivent mesurer le risque qu’il y aurait à dstreucturer le réseau des CRPV qui combine proximité, expertise nationale et ancrage hospitalo-universitaire. Il a démontré sa capacité à mancer des alerteset à éclairer des débats qui, touchant à la santé individuelle et coolective, peuventdevenir passionnels là où il faut, au contraire, une démarche factueleet raisonnée ainsi qu’un accompagnement des patients!

C’est toujours en situation de crise que l’on comprend la nécessité de disposer, de manière pérenne, d’équipes professionnelles structurées, opérationnelles et compétentes! »

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